Focus sur un style : le Russian Imperial Stout

Au cœur de l’hiver, et de sa triste météo, nous avons la chance de pouvoir réchauffer nos cœur avec une belle sélection de Russian Imperial Stout ou RIS pour les intimes. Noires, rondes, liquoreuses, fortes, réconfortantes, mais encore ?

 

Ces bières sont issues de fermentation haute, et sont élaborées avec une proportion importante de malts torréfiés. Les arômes des malts torréfiés sont en général dominants. Ces nectars sont souvent forts en alcools, et peu carbonatés (pas beaucoup de bulles 😉).

 

Du côté de l’histoire, la légende raconte que Pierre Le Grand, Tsar de Russie de 1682 à 1725, est tombé amoureux des porters anglaises à Londres, et qu’une gamme de porter forte en alcool a ensuite été développée pour supporter le voyage (et notamment les températures) vers la cour de Russie à St Pétersbourg…

 

Si cette histoire sonne bien, elle est néanmoins fantaisiste, les porters telles que nous les connaissons ayant commencé à faire fureur à vers 1760.

 

Sans connaitre leurs noms, on sait que des bières anglaises ont été expédiées en Baltique et en Russie au moins à partir de 1745. Catherine II de Russie (1729 – 1796) était elle-même friande des porters les plus forts. Le commerce des bières entre Londres et St Pétersbourg florissant, la préférence des nobles russes pour les bières fortes et noires, le prestige de la cour du Tsar, notre affection pour la petite histoire dans la Grande… tout cela a intimement lié l’idée de ce type de bière à la Russie.

 

Un autre détail non négligeable a aidé les porters forts à s’imposer : une taxe sur les produits anglais est adoptée en Russie en 1822, auxquelles les porters échappent, au contraire des autres bières…

 

La plus ancienne utilisation du mot « imperial » pour désigner une bière (dénichée par Martyn Cornell, historien de la bière) provient du journal Caledonian Mercury en 1821 : « Imperial Porter ». Deux ans plus tard, dans ce même journal, on trouve l’appellation « Imperial Brown Stout ». Il s’agit en revanche de désignations utilisées par des vendeurs et cela ne correspond pas au nom d’une bière précise. On sait que les brasseurs ont utilisé ce mot « imperial » en 1830 lorsque, réunis en association des brasseurs londoniens, ils fixent un échelonnage des prix des porters en fonction de quatre catégories, des plus légères aux plus fortes : Porter, Stout, Double stout, Imperial stout.

 

Le mot « Imperial » était utilisé par les brasseurs d’ales pour désigner la plus forte bière de la brasserie bien que les « imperial ales » n’aient pas d’histoire privilégiée avec l’empire tsariste, il n’est pas du tout certain que ce terme soit une référence à la cours de Russie…

 

Quant au mot « Russian » il apparaît environ 100 ans plus tard ! La première trace identifiée est sur la Barclay Perkins Imperial Russian Stout en 1921…

 

Un temps tombé dans l’oubli, ce style revient en force depuis quelques années, porte par la vague des bières craft de caractère, d’abord aux Etats-Unis, puis en Europe.

 

En attendant de renouer avec nos bières pressions, retrouvez notre sélection de RIS en vente à emporter :

 

– Russian Imperial Stout, Independent House (Longvic, 21)

– « Mazout, ne pas de jeter dedans », Russian Imperial Stout, 90 BPM (Longvic, 21)

– Les dernières quilles d’une pépite vieillie en fût : Imperial Stout n°2 (vieillie en fut de Moselle blanc) et Imperial stout n°3 (vieillie en fût de Bourgogne Rouge) de la brasserie des Ducs (Longchamps, 21), en collab avec la brasserie la Tuilerie (Metz, 57)

– Russian Imperial Stout Vanille Chêne américain, Popihn (Vaumort, 89)


Pour aller un peu plus loin sur le sujet :

http://www.guide-biere.fr/encyclo/imperial_stout.php

https://www.bjcp.org/2008styles/style13.php

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